Santé publique : le grand flou juridique du CHUL, du CHUO et de Jeanne Ebori sur la table des députés

Date:

C’est une incroyable anomalie administrative au cœur du système sanitaire gabonais qui s’apprête à être corrigée. Le Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL), son homologue d’Owendo (CHUO), ainsi que le Centre Hospitalier Universitaire Mère-Enfant Jeanne Ebori (CHUMÉJE) — trois fleurons de notre offre de soins publique — fonctionnent depuis des années dans un vide juridique pour le moins déroutant. Contre toute attente, ces mastodontes hospitaliers qui accueillent quotidiennement des milliers de compatriotes ne disposent pas d’une existence légale clairement identifiée et reconnue par les textes de la République. Un flou institutionnel qui fragilise leur gouvernance, complique leur gestion budgétaire et entache leur crédibilité managériale.

Pour mettre un terme à ce désordre hérité du passé, l’hémicycle de l’Assemblée nationale s’apprête à s’enflammer. Dans quelques heures, le ministre de la Santé se prêtera au difficile exercice de l’audition parlementaire face aux députés. Le membre du gouvernement viendra défendre plusieurs projets d’ordonnances capitaux visant à doter, enfin, ces structures d’un acte de naissance juridique incontestable. Deux textes majeurs porteront spécifiquement sur la création, l’organisation interne et la définition des fonctions réelles du CHUL et du CHUO, arrachant ainsi ces hôpitaux militaires et civils à la précarité réglementaire dans laquelle ils stagnaient.

Le cas du Centre Hospitalier Universitaire Mère-Enfant Jeanne Ebori fera l’objet d’une attention toute particulière de la part de la Représentation nationale. Réhabilité et transformé à grands frais sous la précédente décennie, cet établissement de pointe souffre lui aussi d’un déficit de légitimité textuelle. L’ordonnance soumise à l’examen des élus du peuple vise à acter la régularisation administrative et la refonte organisationnelle de cette structure spécialisée. Il s’agit de clarifier son statut hybride, d’optimiser l’allocation de ses ressources et de garantir un cadre de travail sécurisé à son personnel médical qui opérait jusqu’alors sans réelle boussole législative.

Au-delà de la simple formalité bureaucratique, ce grand grand oral du ministre de la Santé revêt un enjeu de salut public. En octroyant une base légale solide au CHUL, au CHUO et à Jeanne Ebori, le parlement va permettre à ces centres hospitaliers de mieux négocier leurs partenariats internationaux, de rationaliser leurs mécanismes de facturation et d’assainir leurs passifs financiers. Pour les usagers gabonais, l’aboutissement de cette réforme législative doit marquer le début d’une ère de transparence et de performance accrue, prouvant que la refondation du système de santé national commence d’abord par la solidité de ses fondations juridiques.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

spot_img