On pensait que le sport gabonais se jouait avec des crampons et des chronomètres. Quelle naïveté ! On découvre, grâce à la sortie musclée du Ministre Paul Ulrich Kessany, qu’il se joue en réalité avec des tampons encreurs et des chemises cartonnées. Bienvenue dans l’ère de la « Moissonneuse-Batteuse » administrative : on coupe ce qui dépasse, et on trie le bon grain de l’ivraie.
C’est le scoop de la saison : nos fédérations, la FEGAFOOT en tête, jouaient jusqu’ici en « mode fantôme ». Pas d’agrément, pas de récépissé, juste du feeling. Imaginez un instant : on a envoyé des délégations aux quatre coins du monde, on a fait vibrer les stades, tout ça avec le statut juridique d’un club de pétanque clandestin. C’est la magie du sport gabonais : on est hors-jeu depuis le début, mais personne n’avait levé le drapeau !
Le Ministre a donc décidé d’ouvrir un « Guichet Unique ». C’est l’instant confessionnal. Pendant six mois, nos dirigeants sportifs vont devoir prouver qu’ils existent vraiment aux yeux de la loi. C’est l’opération « Papiers pour tous ». On imagine déjà les files d’attente : « Bonjour, je gère le foot national mais j’ai perdu mon acte de naissance administratif dans les vestiaires en 2012. »Ceux qui ne passeront pas le contrôle technique ? C’est la douche froide, direction le banc de touche définitif.
Le génie de la manœuvre réside dans ce petit message envoyé à la FIFA et à la CAF. Un coup de fil préventif pour dire : « On ne fait pas de la politique, on fait du ménage. » C’est l’argument imparable. On ne suspend pas pour changer de tête, on suspend parce que la tête n’a pas son badge. C’est propre, c’est net, c’est chirurgical. C’est le « tacle à la carotide » version Code Civil.
La saison continue, mais elle est « transitoire ». C’est un peu comme si vous étiez dans un avion et que le pilote vous annonçait : « On continue de voler, mais l’appareil n’est pas immatriculé et je vais repasser mon permis en plein vol. Détendez-vous. » On finit le match, mais le score sera sans doute validé par un huissier plutôt que par un arbitre.
En résumé :On quitte le romantisme des stades pour la rigueur des archives. Le sport gabonais vient de passer d’un dribble chaloupé à un inventaire de bureaucrate. On a hâte de voir qui, au bout des six mois, aura encore son récépissé… ou simplement ses yeux pour pleurer.
Le mot de la fin :Désormais, avant de frapper un penalty, vérifiez bien que votre fédération a payé sa quittance de loyer administratif. On ne sait jamais.



