La province de l’Ogooué-Lolo est actuellement le théâtre d’une inspection rigoureuse menée par une mission de la Présidence de la République. Conduite par le conseiller spécial Juste Louango Bouyomeka, cette délégation a pour mission de passer au crible l’utilisation de l’enveloppe de 7 milliards de FCFA allouée à la province, ainsi que les projets structurants lancés lors de la tournée républicaine du Chef de l’État.
Entre séances de travail au gouvernorat et descentes sur le terrain, l’objectif est sans équivoque : confronter les rapports financiers à la réalité physique des chantiers pour s’assurer que chaque franc investi contribue réellement à l’amélioration du cadre de vie des populations logovéennes.
Le constat dressé sur place par la mission d’évaluation révèle malheureusement des zones d’ombre persistantes et un bilan pour le moins contrasté. Si l’ambition initiale était de transformer la province, la réalité du terrain affiche un visage plus sombre : de nombreux chantiers sont aujourd’hui à l’arrêt, menaçant de devenir ces « éléphants blancs » tant redoutés par l’opinion publique.
Entre financements incomplets, gestion approximative des ressources et soupçons de malversations financières, les causes de ce blocage sont multiples. Ce climat d’incertitude suscite un cri d’alarme légitime chez les chefs d’entreprises locales, qui pointent du doigt les difficultés opérationnelles rencontrées dans les quatre départements de la province.
Malgré ces pesanteurs, quelques lueurs d’espoir subsistent avec des taux de réalisation encourageants sur certains édifices emblématiques.
La réhabilitation et l’extension du Lycée Jean Stanislas Migolet, ainsi que la construction de la caserne des sapeurs-pompiers, du guichet unique ou encore des plateaux sportifs, affichent des niveaux d’exécution variant entre 45 % et 100 %. Le département de Mulundu semble d’ailleurs tirer son épingle du jeu avec plusieurs infrastructures en phase de finition. Ces exemples prouvent que lorsque la rigueur accompagne l’investissement, les promesses présidentielles se traduisent par des avancées concrètes pour la jeunesse et les services publics.
Cependant, l’interrogation demeure vive au sein de la population face au ralentissement observé dans les autres départements. Les populations locales, qui attendent avec impatience la livraison des infrastructures annoncées par le Chef de l’État lors de son passage sur le territoire national, s’inquiètent de la faible visibilité de certains projets. Pour la mission de la Présidence, le défi est désormais d’identifier les goulots d’étranglement et de proposer des solutions correctives immédiates.
Il ne s’agit plus seulement de construire, mais de restaurer la crédibilité de l’action publique en garantissant que les décaissements effectués correspondent strictement à l’avancement réel des travaux sur le terrain.



