Le cri d’alarme est lancé sur l’une des artères les plus névralgiques du réseau routier gabonais.Malgré les promesses de modernisation, l’axe Lalara-Ndjolé demeure un théâtre à ciel ouvert de risques majeurs pour les automobilistes. En cause, un défaut d’ensoleillement et un manque criant de débroussaillement des abords de la chaussée qui réduisent drastiquement la visibilité dans les virages. Face à la menace permanente de croisements mortels entre transporteurs de marchandises, grumiers et véhicules particuliers, une question brûlante taraude les usagers : où est passé le FANEIR, la nouvelle arme financière de l’État censée garantir la viabilité de nos routes ?
Pourtant, la réforme institutionnelle laissait présager une gestion plus vigoureuse. Adopté en conseil des ministres en février 2025, le projet d’ordonnance portant création du Fonds Autonome National d’Entretien et d’Investissement Routier (FANEIR) se voulait une réponse structurelle forte, bâtie sur les cendres du Faner et de la défunte ANGTI. Érigé en établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) sous la tutelle du ministère des Travaux Publics, ce nouveau mécanisme est doté d’une autonomie administrative et financière pensée pour briser les lourdeurs bureaucratiques du passé.
Sur le papier, les missions dévolues au FANEIR sont pourtant limpides et ambitieuses : assurer le financement de la construction, de l’aménagement, mais surtout de l’entretien courant et lourd des routes nationales. Ce cadre juridique renouvelé devait précisément permettre une allocation plus réactive, flexible et ciblée des ressources financières. L’objectif affiché était d’offrir une pérennité et une qualité optimales au réseau routier national, en prévenant les dégradations et en sécurisant les tracés les plus accidentogènes du pays.
La réalité du terrain sur le tronçon Lalara-Ndjolé vient cependant doucher les espoirs d’une transition rapide vers des routes plus sûres. Entre l’urgence vitale de sécuriser les voies par des travaux d’ensoleillement basiques et les mécanismes de décaissement de ce nouveau fonds, le fossé semble persister. Pour que le FANEIR ne devienne pas une simple formule administrative de plus, l’opinion publique et les usagers de la route attendent désormais des actes concrets et un déploiement immédiat des budgets là où le bitume dicte sa loi de sang.



