Vers une économie de valeur : le Gabon accélère la transformation locale de ses ressources minières

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Lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales, le ministre des Mines a exposé la stratégie nationale visant à interdire l’exportation des minerais bruts, notamment l’or et le manganèse, afin d’inscrire le pays dans une dynamique de transformation industrielle. Cette politique, conforme à la loi n° 037/2018, ambitionne de rompre avec le modèle de l’économie de rente pour favoriser une économie de valeur ajoutée, génératrice d’emplois et protectrice de la souveraineté nationale. Ce changement de paradigme s’articule autour de trois axes majeurs : le développement des infrastructures et du capital humain, le passage à une économie de valeur, et la diversification économique, qu’elle soit verticale ou horizontale.

Sur le plan du capital humain, le ministre a souligné que la transformation locale impose de renforcer les capacités de formation technique et professionnelle, notamment à travers l’École des mines et de la métallurgie de Moanda, dont les capacités d’accueil doivent être étendues. En complément, la Société équatoriale des mines favorise l’expertise internationale en formant des jeunes Gabonais dans des institutions spécialisées à l’étranger.

Ces efforts de formation sont indissociables des défis logistiques et énergétiques que le gouvernement s’attèle à relever pour soutenir l’industrialisation du secteur minier.
L’approche du gouvernement repose sur une chaîne de valeur complète, allant de l’extraction jusqu’à la transformation tertiaire. Pour le manganèse, cela signifie passer de l’extraction à une première transformation, puis à une transformation secondaire, pour atteindre, à terme, des produits finis tels que les batteries de voitures électriques. Cette ambition de diversification verticale et horizontale vise à attirer des industries lourdes et technologiques sur le sol gabonais, utilisant les métaux transformés localement comme intrants majeurs pour l’acier et les nouvelles technologies.

En résumé, cette décision d’interdire les exportations brutes renforce les synergies entre les secteurs miniers, énergétiques et logistiques, essentiels à une chaîne d’approvisionnement compétitive. Le ministre a insisté sur le fait qu’une mine ne peut fonctionner en vase clos ; elle nécessite une infrastructure intégrée incluant des centrales thermiques, des réseaux ferroviaires et des terminaux portuaires. Par cette planification méthodique, le Gabon entend se prémunir contre le « syndrome hollandais » et assurer une exploitation durable et rationnelle de ses ressources au profit des générations futures.

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