À quelques semaines de la visite d’État du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en France, une question écrite déposée à l’Assemblée nationale française par un député du groupe La France insoumise a suscité des commentaires autour de la situation politique au Gabon. Si cette initiative parlementaire interroge le gouvernement français sur plusieurs dossiers gabonais, elle ne remet cependant pas en cause le maintien de la visite officielle prévue le 20 juillet 2026.
Déposée le 30 juin, cette question écrite constitue un acte parlementaire individuel destiné à obtenir une réponse du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères. Elle n’engage ni la position officielle de l’exécutif français ni l’orientation de la diplomatie de Paris. Les autorités françaises maintiennent d’ailleurs le calendrier de cette visite, qui sera la première visite d’État d’un président gabonais en France depuis plus de quatre décennies.
Le texte du parlementaire évoque notamment la procédure judiciaire visant l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, la régulation des réseaux sociaux, la réforme du Code de la nationalité ou encore certaines données relatives à la situation sociale du Gabon.
Concernant la procédure judiciaire engagée contre l’ancien chef du gouvernement, les autorités gabonaises rappellent qu’elle relève exclusivement de la justice. Le parquet a ouvert une enquête portant sur des faits financiers présumés, tandis que le président de la République a publiquement affirmé, lors d’un entretien accordé à France 24 le 2 juin dernier, son attachement au principe de séparation des pouvoirs. Les recours judiciaires demeurent ouverts aux personnes concernées.
S’agissant des réseaux sociaux, le gouvernement souligne que leur suspension provisoire décidée en février repose désormais sur une base légale adoptée par le Parlement le 23 juin dernier. Ce nouveau dispositif encadre les conditions d’utilisation des plateformes numériques, notamment dans une logique de protection des mineurs et de lutte contre les désordres informationnels.
Les autorités contestent également certains indicateurs sociaux mentionnés dans la question parlementaire, estimant qu’ils ne reposent sur aucune source officielle identifiable. Elles mettent en avant plusieurs mesures engagées ces derniers mois, notamment le remboursement des épargnants de Poste Bank, les initiatives destinées à lutter contre la vie chère, ainsi que les investissements dans les secteurs de l’eau, de l’électricité et du développement local.
Au-delà des débats politiques, cette séquence rappelle qu’une visite d’État relève avant tout de la diplomatie entre deux pays. Elle constitue un espace de dialogue entre partenaires et ne saurait être assimilée à une approbation ou à une validation des politiques intérieures d’un État.



