En Guinée équatoriale, on ne plaisante pas avec les statistiques. Alors que certains gouvernements se contentent de célébrer leurs « intentions » de travail, celui du Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua vient de se faire épingler pour un score qui ferait pâlir d’envie un élève de primaire en difficulté : 10 % d’exécution des objectifs. Pour le vice-président Teodoro Obiang Nguema Mangue, le verdict a été sans appel : ce n’est pas une équipe gouvernementale, c’est un club de lecture qui a oublié de lire le manuel de bord. Résultat ? Une démission collective actée ce mardi 16 juin, histoire de libérer les fauteuils pour des profils qui, on l’espère, savent compter jusqu’à 100.
Le vice-président, toujours très actif sur le réseau social X, a profité de l’occasion pour rappeler quelques bases élémentaires de la gestion étatique : les ressources publiques ne sont pas des confettis que l’on jette au vent. Pour les autorités, la confiance accordée par le Chef de l’État n’est pas un chèque en blanc, mais un contrat exigeant discipline, efficacité et, surtout, une furieuse envie de produire des résultats concrets. En somme, il ne suffit plus d’occuper un bureau avec vue, encore faut-il justifier sa présence par autre chose que des réunions sur l’organisation des prochaines réunions.
Il faut dire que l’exigence est désormais claire : le pays a besoin d’une administration qui ne dort pas sur ses lauriers et qui comprend que les citoyens attendent des écoles, des routes et des soins, pas des bilans d’activités désespérément vides. Cette remise à zéro spectaculaire est un signal fort envoyé à tous ceux qui pensaient que l’action publique était une sinécure confortable. En exigeant une administration « plus dynamique et plus proche des besoins des citoyens », le pouvoir en place montre qu’il n’est plus prêt à tolérer ce décalage criant entre les moyens financiers mobilisés et la réalité vécue par la population.
Au final, cette démission forcée ressemble fort à un grand ménage de printemps en plein mois de juin. Alors que la Guinée équatoriale cherche à transformer ses ressources en un développement tangible, le message envoyé par cette purge est limpide : la prochaine équipe aura intérêt à avoir ses calculettes bien en main. Car à ce stade, transformer 10 % de résultats en une véritable politique de développement, c’est le défi herculéen qui attend les successeurs de Manuel Osa Nsue Nsua. Pour les ministres déchus, c’est la fin du voyage ; pour les citoyens, c’est l’espoir que le prochain gouvernement saura enfin faire les comptes.



